Tu abordes, cher Jardinier, la question capitale de la respiration... je voudrais développer son rôle "dynamisant" en plus de celui d'apport en oxygène...
S'il on respecte le principe mécanique d'ouverture et de fermeture de la cage thoracique, on devrait expirer sur les armés de tous les coups croisés (armés croisés: mouvements fermés) et inspirer sur l'impact lorsque l'on exécute correctement la réouverture bras épaule (uniquement sur les coups croisés)... et on devrait faire l'inverse sur les mouvements extérieurs...
Là où ça se complique, c'est lorsque l'on intègre logiquement une "expiration en poussée" sur l'effort, au développement des coups. S'il on ajoute à cela les impulsions en contretemps sur les leurres, et un jeu défensif fractionné, calé sur le rythme adverse, on se rend compte que l'on ne peut absolument pas établir de protocoles respiratoires comme on peut le faire dans d'autres activités comme la course à pied, la natation, les lancés, les sauts, etc. (pour tout effort régulier ou ponctuel)...
En revanche, s'il on ne peut pas prescrire de protocole ou de règles respiratoires sur un type d'effort fractionné et irrégulier comme l'est notre discipline (en termes de vitesses et fréquences des mouvements de bras, d'impulsions plus ou moins véloces, continues et renouvelées des appuis, et de capacités cardiorespiratoires du pratiquant), on peut proposer un principe de base:
Tout d'abord, il faut savoir utiliser les trois phases respiratoires de l'effort, que sont: l'inspiration, l'apnée, et l'expiration avec leurs modulations de vitesses et de fréquences d'expulsion de l'air, et leurs variations du taux de remplissage des poumons.
Il faut distinguer un principe de base et deux approches pédagogiques :
Le principe de base sera de régler le fractionnement respiratoire un "demi-temps" plus rapide que la scansion de l'effort utilisée, de façon à ce que la respiration soit en plus de l'apport d'oxygène, un apport d'impulsion musculaire avec ses capacités de "blocage"... sachant que les inspirations et expirations seront brèves et toniques avec remplissage moyen, les prises d'air et expulsions maximales seront sporadiques mais régulières.
Les approches pédagogiques seront différentes suivant que l'on a à faire à des élèves qui ont pratiqué d'autres sports et ont intégré des automatismes respiratoires appropriés aux différents types d'effort qu'ils ont rencontrés...
Et puis il y a les personnes vierges de toute activité sportive digne de ce nom... dans ce dernier cas, l'effort sera étalonné sur une forme de proprioception respiratoire à la recherche de sensations respiratoires profondes... on travaillera avec eux, dans un premier temps, le "son" que peut produire une respiration contrôlée (travail particulier sur l'inspiration et l'expiration sonores et rythmées)...
L'utilisation très ciblée et restreinte de l'apnée serait abordée beaucoup plus tard.
Le travail respiratoire en phase de récupération (pendant le combat) est particulier car il doit être efficace sur des périodes très brèves, et ne doit pas désactiver la concentration et désamorcer "l'influx" au moment du retour au contact de l'adversaire...
Tonton Dub, fier de ses troupes: "Ah! Les braves gens..."
PS: Je reviendrai ultérieurement sur les didactiques...