Vaste question que la définition des armes d'entraînement autorisées, et du sens et des conditions de la pratique dite de "défense"!
- Canne contre canne est désormais (depuis longtemps!) une défense réservée aux bastons entre gentilhommes/gentlemen...
Plutôt rare, éventuellement dans les halls des beaux salons pour les beaux yeux de la Belle...!
- Canne contre parapluie sur les trottoirs glissants...
- Canne contre batte de Baseball, c'est la défense du gentilhomme contre groupes "douteux" de pseudo-supporters, plutôt dans une ruelle, sombre de préférence...
- Canne contre couteau, c'est la défense du gentilhomme contre vrai "pas-gentilhomme" et dangereux agresseur...
- Canne contre agresseur non-armé et seul, c'est la défense du gentilhomme contre inconscient ou roublard agresseur...
- Canne contre arme à feu, c'est la défense quasi-impossible contre "pas du tout gentilhome" agresseur...
[Cette classification est non-scientifique, avec une forte licence poétique post-moderniste.]
C'est vrai, Bûcheron, que l'opposition canne contre batte de Baseball n'est pas complètement équivalente à l'oposition canne contre canne.
Allonge et poids différents, blocages différents, tactiques différentes en défense comme en attaque (saisie de la batte avec les 2 mains)...
Et un parapluie, autre exemple plausible, est surtout utile en parade et en piques...
Autant de situations différentes!
J'aime cependant bien l'idée du sparring canne contre canne dans une "approche stylistique" autorisant TOUT le répertoire technique de Canne-défense ET de techniques de corps... MAIS avec des règles de sécurité.
"Stylistique" parce que canne contre canne est déjà un choix de style.
Je trouve plus "chic" la canne/canne que le style batte de Baseball/canne.
Néanmoins, l'essentiel pour un cours de "défense" serait d'intégrer un répertoire LOGIQUE intégrant aussi une opposition canne contre une arme plus lourde, afin de connaître les parades/esquives appropriées à la nature de l'arme.
Canne contre gourdin (même si c'est une batte qui est utilisée) par exemple?
Ce qui revient finalement à styliser (pour des raisons pratiques) les armes opposées à quelques catégories essentielles:
- armes contondantes longues, moyennes et courtes
- armes coupantes/perçantes longues, moyennes et courtes
- armes à feu et armes blanches de jet
- armes flexibles (chaînes, fouets)
On peut ignorer les armes bizarres (lames flexibles, de jet, poudres, poisons etc) des Ninja et autres tueurs implacables...
Et se concentrer sur ces catégories logiques essentielles en fonction de la nature des armes pour définir un rapport des forces.
N'oublions pas qu'il s'agit d'un jeu qui reste incommensurable avec l'agression réelle.
Certainement, cette manière de s'exercer en opposition avec des règles de sécurité est une forme de
"sportivisation" (pas nécessairement au sens formel de "compétition", mais au sens de la nécessité de réglementation des exercices d'opposition).
Mais techniquement, c'est une sportivisation très "ouverte" sur les techniques "efficaces" (dangereuses):
- par exemple en Yoseikan Budo, cela correspondrait à l'exercice de combat dit "Randori d'entraide"... où sont autorisées toutes les techniques dangereuses de percussions portées aux points vitaux/articulaires ainsi que les clés articulaires + les étranglements... MAIS avec CONTRÖLE de la puissance (notion de la "touche", surtout aux points vitaux, articulaires et au visage). Le jeu de combat implique donc une opposition modulée (modulation de la vitesse, résistance, puissance) en fonction des niveaux respectifs ("entraide").
"Sportivisation ouverte" qui autorise aussi le "un contre plusieurs", les obstacles sur l'aire de combat (chaises, tables, sacs...), l'inégalité des armes pour chaque protagoniste, un scénario pré-établi limitant les possibilités et/ou introduisant des variables en cours de jeu (agresseurs et/ou défenseurs supplémentaires, arme nouvelle)...
Incontournablement, la forme "sportive" permettant l'opposition règlée est celle qui permet d'approcher au plus près la situation chaotique de la confrontation:
- opposition de 2 tactiques, de 2 intentions, de 2 énergies, et réalité des "contres" et "sur-contres"...
Exercices codifiés, répétitions techniques, exercices semi-codifiés à thèmes ET le sparring règlé sont les meilleures préparations psychologique, physique et tactique pour le"combat réel".
Peut-être même mieux que de passer directement par le combat réel... parce que "l'expérience du réel" peut être définitivement un échec...
Et le meilleur combat est finalement celui qui est évité.
Que reste-t-il d'un cours de "défense"?
Le jeu... le plaisir de jouer à se faire peur, le plaisir de lutter, de mourir et de vaincre symboliquement!
Ce qui nous renvoie finalement au sens d'une pratique dite de "Défense":
- c'est fondamentalement un jeu de combat sécurisé qui se référe symboliquement au danger réel
- ce jeu devient aussi, éventuellement, un vrai jeu "viril" (de contact/impact) pour les niveaux avancés de la pratique (un peu comme la double catégorisation "assaut"/"combat" en BF)
- ce jeu de combat peut préparer indirectement au "non-jeu" d'une agression réelle, qui elle reste fondamentalement impréparable (parce qu'on peut y inclure tous les paramètres de l'existence, et qui sont au contraire "amortis" dans un cours de "défense").
Il y a, je crois, la nécessité de reconnaître un parti-pris stylistique dans la notion même de "Canne-Défense".
La "défense" au sens pragmatique ne se focalise sur aucune arme particulière comme elle n'en exclut aucune.
Donc la canne, pourquoi pas?
Choisir la Canne comme référence est un geste symbolique, culturel, imaginaire...
Cela n'enlève rien à l'efficacité technique, mais cela cadre la pratique dans un référent particulier.
Encore que des cannes, il y en a aussi de nombreuses formes et longeurs différentes, dont les cannes à crosse, à pommeaux, à poignée massive, lisses, à noeuds, pointues...
Comment intégrer cet ensemble de possibilités dans un unique concept?
Il me semble qu'il faut intégrer cette notion de catégories essentielles d'armes, et jouer avec elles.
Notamment les oppositions de cannes lourdes/légères, les cannes à pommeaux/à crosse, les cannes courtes/longues...
Encore une fois trop long, et décalé.
